Elle, qui ne dort pas?

Elle, qui ne dort pas?

Elle s’était levée trop rapidement. Elle ne saurait trop comment l’expliquer autrement, mais on aurait dit que son sang était monté d’un coup à sa tête et l’avait fait gonfler. Ça faisait un bruit sourd, ça résonnait dans son crâne et elle avait les tempes qui gonflaient au rythme des battements de son coeur. Elle avait le goût de crier, mais, plus elle y pensait, plus elle trouvait cette idée de crier pour se libérer un peu stupide et plutôt égocentrique:

« C’est que l’univers en a rien a foutre que je crie, moi, seule dans mon salon à deux heures du matin. Putain. L’univers en a rien à chier que je déverse mes états d’âme sur lui. Et puis, c’est tellement grand, l’univers… c’est pas comme s’il y avait une chance qu’il m’entende et qu’il m’écoute. »

Elle se disait que l’humanité était une erreur de parcours, ou plutôt, une malformation. Car de la vie sous ses formes les plus rudimentaires, il y en avait fort probablement ailleurs. Mais elle trouvait que l’homme était allé trop loin dans son évolution. L’homme va toujours trop loin de toute façon.

« C’était pas assez pour lui qu’on lui ait donné la vie. Il fallait qu’il soit intelligent en plus. Il fallait qu’il sache qu’il était en vie. Connard. »

Elle se disait qu’il n’y avait probablement rien après la vie, et elle trouvait ça salement déprimant. Mais qu’est-ce qu’elle pouvait bien y faire, elle, toute seule dans son salon, à deux heures du matin?

Alors elle est retournée se coucher.

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Entre deux poils de chat

Entre deux poils de chat

C’est de la merde.

C’est de la re-merde. De la re-re-re-merde. 22h14. J’ai la ferme intention d’écrire un truc, n’importe quoi. Il faut que je recommence à écrire. J’ai des idées, ça oui! Tout le temps, des idées. En veux-tu, en v’là. On dirait que ça veut pas sortir. Ou que je les laisse pas sortir. Ou alors un mélange des deux. Maudite indécision.

J’ai tellement peur que ce soit mauvais, que tout ce que j’écrive soit plate: anecdote plate, histoire plate, joke plate. Pas facile, hein? C’est tu mon anxiété, ça? Ou-bedon la peur de ne pas plaire? Il faudrait que je puisse me convaincre que j’écris pour moi, et pas pour les autres (ce qui est partiellement faux, parce qu’un blog, c’est pas c’qu’il y a de plus privé, on s’entend).

Faudrait que je fasse ça sous forme de journal quotidien, peut être? Quitte à ce que personne le lise, moi, au moins, je pourrais me souvenir de mes journées.

À force de chercher les tournures de phrases parfaites, j’vais finir par perdre mes idées. Bonté divine.

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Contribution volontaire

Contribution volontaire

J’ai le monde en horreur. Est-ce trop?

Quand je dis le monde, je ne parle pas de tout le monde. Le monde, c’est une classe à part. C’est ceux de qui on dit que la sélection naturelle les a probablement oubliés. Ou qu’elle n’a pas encore pognés. Ce sont les gens qui me donnent envie de m’exiler dans une tribu amazonienne (la vraie vie. Oh oui.) Ce sont ceux que je soupçonne de continuer à appuyer Jean Charest envers et contre tous. Enfin bref, je les hais.

Le hasard a voulu que j’en croise une de ceux-là, ce soir. En sortant du boulot, je prend la sortie où y’a le moins de monde (la place Rosemère à 5h, c’est l’enfer). Je roule. Je roule. Je roule pu. Fais mon stop, ya une nunuche qui sort du Maxi, à ma droite: fait pas son stop. Pas pantoute. Ralentit même pas. J’me dis: « hiiiiii à va pogner un ticket un moment donné elle! » Ben non. Pas cette fois-là en tout cas. C’est moi qui l’a eu pour elle. Moi. Tabarnak.

Je l’ai fait mon stop. En fait non. Pas aux yeux de la loi. J’ai ralenti à en être presque immobilisée: J’ÉTAIS SI PRÈS DU BUT. Mais ce n’était pas assez encore. J’ai ralenti au point où j’ai pu, croyez-moi ou pas, regarder autour de moi DEUX FOIS, de chaque côté. Personne. J’étais seule au stop de la place Rosemère. Ça fait que j’me suis dit:  » ok. J’aurai pas besoin d’arrêter COMPLÈTEMENT bowswelle, pas besoin d’avoir la face étampée dans l’dash pour savoir que je représente pas un danger pour personne! » Ben non. Pas assez. À m’suivait dans son beau char fantôme (ça doit être pour ça, la contribution de 10$ sur mon ticket.)

J’m'arrête sur le bord du chemin, en me demandant c’qu’elle pourrait bien me vouloir: « coudonc… mon chum est tu à l’hôpital? », « j’ai tu volé quelque chose? », « j’écoute-tu ma musique trop fort? »

« J’vous intercepte concernant votre arrêt obligatoire sur Bouthillette. »

Ouain… qu’est-cé qu’ya? Y’était beau hein?

« Permis et papiers s’il-vous-plaît. »

Hein?!?! À niaisait pas?

Cherche les papiers, trouve les anciens, sort un tampax… Trouve pas les papiers. Maudit qu’à l’avait l’air contente. Je les ai trouvés cinq minutes plus tard, quand je n’avais plus la policière, la main sur son gun, à côté de moi.

154$. 144$ + 10$ de contribution. Mais a fait tellement bien leur job, pourquoi j’lui refuserait ça?

Je bouillais intérieurement. De un, j’ai pas les moyens de payer ça. De deux, perdre trois points d’inaptitude pour un stop au trois quarts fait, ça fait chier. À ce prix-là, j’aurais aimé mieux écoper de la sentence de Vincent Lacroix.

« Madame. En aucun moment je n’ai été un danger. En aucun moment. Vous avez manqué la femme en avant de moi qui a même pas regardé ni ralentit. » Que je lui ai dit. Christophe, y devait ben y rester un peu de jugement, jamais j’croirai!

Elle s’en foutait, évidemment. « Vous avez 30 jours pour contester mais vous avez été filmée sur vidéo ».

Pis l’autre dinde avant moi qui a pas ralenti, tu la vois pas elle sur ton vidéo?

Tout ça pour dire que, dans ma prochaine vie, je veux être réincarnée en chaman ou en moman d’une tribu éloignée. La belle vie, loin du monde. Sainte bénite.

****Est-ce mal? Je vais contester parce que j’ai pas une maudite cenne et je vais profiter du système pour ne payer que dans deux ans. C’pour mon 10$ de contribution, tiens.

pissed off

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Moi et la chaise d’aisance

Moi et la chaise d’aisance

(Écrit quelque part durant mon hospitalisation)

Wow. Je sais même plus quelle date on est. Genre; aucune idée du tout. Je sais que je suis entrée à l’hôpital mercredi midi. Ça fait donc quatre (o*****) de jours. Comment dire… SORTEZ-MOI D’ICI!!! Oh j’suis bien traitée (on m’amène même un petit pot pour que j’évacue dedans; le doc veut pas que je marche) Laissez-moi vous expliquer pour quelle raison mon projet « remise en forme » est en suspend pour une durée indéterminée.

Au début du mois, j’ai fait ce qui m’a semblé être une bronchite/amygdalite (et qui en était probablement une puisqu’on m’a donné des antibiotiques pour). Les amygdales enflées, une toux rauque; crache, tousse, crache, tousse: toute la patente. Pendant mon traitement, il me pogne un mal de dos, mais un MAL de DOS… J’ai crié, chigné et pleuré toute une nuit au grand désespoir de chéri-mon-amour qui savait plus trop où donner de la tête. Ça a finalement passé au petit matin, après une nuit passée sur le sofa. À partir de ce moment-là, je me suis rendue compte que j’étais essouflée à rien: me retourner dans mon lit ou aller aux toilettes étaient des tâches ardues. Plus les jours passaient, pire c’était (mardi, au boulot, j’avais de la misère à parler tellement j’avais plus de souffle).

Ok, faut que j’en parle (parenthèse): je suis dans une chambre commune aux soins intensifs. Commune=gens. Hôpital=vieux (sans vouloir juger là, mais je suis quand même en minorité hein). J’ai pour compagnons de chambre: un monsieur d’environ 70 ans qui fait une indigestion (donc qui pète et qui rote bruyamment depuis un bon trois heures) et un autre vieux monsieur qui tousse, qui crache, qui rote et qui pète aussi. Moi qui chicane mon chum quand il fait du bruit en mangeant, j’suis servie. Fin de la parenthèse. Rouvrir la parenthèse: par chance, on me donne un Ativan pour faire dodo, joie. Refermer la parenthèse.

Donc. J’étais essouflée et j’avais mal au côté droit. Je pensais que j’avais une côte cassée mais… ERREUR! Le doc à la clinique me fait passer une radio illico-presto et, horreur! Il me diagnostique un pneumo-thorax, which means: poumon décollé de la plèvre et donc tout rabougri-mini. J’ai maintenant un poumon et quart, ce qui explique l’essouflement. Il m’envoie à l’hôpital d’urgence. Je donne une copie de ma radio à la doc et lui explique mon cas. Elle rit (…hein?) « On vous a dit que c’était un pneumo-thorax? C’t'une énooorme pneumonie, une embolie pulmonaire ou je sais pas quoi, mais pas un pneumo-thorax! » Bonne nouvelle (?), mon poumon est collé mais fonctionne quand même à moitié pour une raison obscure. (Le monsieur crache. Dieu, dotez-moi d’un peu de compassion ou de bouchons pour les oreilles) (Sainte, l’autre vient de lâcher une méga bouette) (ps. je vais pleurer.)

Suite à ça, on me couche sur une civière (où je suis toujours) et on me charcute (parce qu’en plus, j’ai pas de veines). On esaie de me ploguer un soluté: marche pas. Prises de sang: marche pas non plus. Qu’est-ce qu’on fait dans c’temps-là? On pique et on cherche une veine à l’aide de l’aiguille (noooooooon!!!) Ça marchait pas plus. Ils ont dû faire venir l’anesthésiste qui m’a passé une échographie dans le plis du coude et qui m’a gelée pour me placer un putain de cathéter! « Au moins j’suis pas en Haïti » fut mon mantra pour la journée. Après plusieurs radios et un angioscan (pour voir si j’avais des cailleaux au poumon gauche), on m’a diagnostiqué une péricardite avec un épanchement. TADAM! J’ai su pourquoi j’étais là.

Péricardite version ce que j’en ai compris: suite à un virus qui a dégénéré (ma bronchite/amygdalite fort probablement), j’ai enflé dedans mon corps. La membrane qui entoure mon coeur a gonflé et de l’eau s’est logée entre celle-ci et mon coeur. Mon coeur a lui aussi enflé et a écrasé mon poumon gauche qui en arrache en s’il vous plaît. J’ai des ganglions aussi sur les poumons, mais ça, ça d’l'air que c’pas grave.

Alors voilà. Je suis aux soins intensifs où l’on me soigne aux anti-inflammatoires et où je fais caca dans un petit pot et j’attend de revoir la cardiologue lundi pour savoir quand je vais pouvoir revoir la lumière.

*** Un mot à propos des infirmières/infirmiers: comme m’a dit ma mère, c’est vraiment une vocation, c’est pas un métier… Vous êtes vraiment fantastiques!

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T’épisse-ti-ssa?

T’épisse-ti-ssa?

J’vous prépare un petit article sur le sujet, mais en  attendant, la tentation était trop grande…

Une nouvelle drogue légale fait triper les amateurs de paradis artificiels: le spice.

Vendu comme un encens, ce mélange d’herbe (qui coûte cinq dollars pour un demi-gramme) procure un peu le même effet que le cannabis.

Cette herbe, qui était légale dans plusieurs pays, commence à être interdite…

L’Allemagne, l’Autriche, la France, la Pologne, la Corée du Sud, l’Estonie, la Russie et le Chili ont tous interdit le spice…

Pourquoi?

Pourquoi cette drogue est soudainement passée de légale à illégale?

En quoi est-elle plus nocive que l’alcool?

Pourquoi l’alcool est légal, mais pas le spice?

Tout ça est totalement arbitraire…

Ça montre à quel point les lois anti-drogues sont absurdes…

Selon une étude de l’American Medical Association, 97 % des décès dus aux drogues viennent des drogues légales (alcool, tabac, médicaments)…

Et on déclare la guerre à des plantes…

Incompréhensible.

- MARTINEAU,Richard, Une morale arbitraire, canoe.ca, 14 juillet 2009.

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Une ‘tite frette mon Denis?

Une ‘tite frette mon Denis?

Il y a déjà quelques années de cela, alors que l’acné et l’amour pour le sexe opposé faisaient leur apparition dans ma vie, je commençais à fêter la Saint-Jean-Baptiste. La vraie. Plus de feux d’artifices avec maman et papa: une soirée entre copains sur la « butte de drogués du Lac Boivin », telle qu’on l’avait baptisée. Les parents nous faisient une faveur en cette journée sacrée: on avait droit à une petite caisse d’alcool. Moi, je prenais de la Smirnoff Ice format quatre bouteilles, bien souvent saveur pomme verte (avec l’estomac d’enfant que j’avais de très endurci à l’époque) C’était bien assez pour m’offrir mes premières soirées alcoolisées à célébrer not’beau pays. Un peu d’innocence et une forte présence masculine me faisaient aimer cette fête plus que toute autre. Parmi ces jolis hommes, il y avait cet Albatros fumeux d’pot et ce Chichille musicien-coeur-tendre-charmeur qui fêtaient avec l’enthousiasme de Barney sur l’ecstasy.

L’opinion politique des jeunes de mon âge (1989-1990) était d’une maturité impressionnante. Je sais pas pour les autres jeunes, je suis pas allée à l’école avec euz’autres.  Petits, plusieurs d’entre nous avaient vu leurs parents déçus et amers devant la défaite du Oui au référendum de 1995. Nous étions convaincus que nous allions faire la souveraineté à notre majorité. Nous lisions les journeaux, regardions le téléjournal et participions à des débats enflammés à l’école (bien loin de l’image qu’on se faisait coller su’l derrière par les… bon, y’avait les médias et la catégorie des vieux qui nous aimaient pas… Ben oui mais c’est d’même, faut les appeler par leur nom!)  Nous étions donc étonnament au courant. La Saint-Jean était notre porte-voix, notre façon de dire au monde que nous aimions le Québec et que nous voulions en faire un pays.

Et pour être franche, cette année, année de mes dix-neuf ans, j’ai presqu’oublié de sortir mon fleurdelisé le 24. Je me préparais à passer une soirée tranquille en compagnie de la belle-famille à regarder les traditionnels feux d’artifices dans le vieux Saint-Eustache, quand chéri m’a plutôt convaincue de l’accompagner dans le quartier Rosemont à Montréal pour le show alternatif qui y était donné. On a rejoint les amis de mon copain dans un beau p’tit appart de la place, où, depuis tôt dans l’après-midi, considérant la bonne humeur ambiante, on s’adonnait à de la consommation de boissons alcoolisées (beau terme). Mais c’était mignon à voir. La Saint-Jean, ça reste toujours une excellente occasion de batifoler avec des connaissances depuis l’année d’avant, à la même date, vous l’aurez deviné.

S’en allons au show, donc. Malajube, du bonbon pour moi, de la merde pour quelques mecs qui nous accompagnaient.

 » C’est tellement beau! C’est des génies, voyons donc! » Leurs dis-je.

 » Ouain… c’pas d’l'électro. » De me réplicâsse ces cocasses créatures.

Et pis là, au moment où le groupe entâmait Ursuline (ma fétiche), me suis mise à regarder autour de moi. Bon, du pot, d’la bière, des gignols… Comme toujours. Des tits-bouttes, beaucoup, à ma grande surprise, tous habillés en bleu et décorés de light sticks multicolores. Mais moi? Où était passé mon habituel coeur à la fête? Mon entrain?

Disparu. L’ai pas retrouvé en tout cas.

On a quitté le parc pour se rendre au salon Daomé, coin Mont-Royal et Saint-Laurent (je me trompe sans doute). En passant, très bel endroit. De la musique électro mixée live, un beau décor à thématique rouge-bouddha-tam-tam et, le plus important: belle ambiance, beau monde, sans fla-fla, pas cher. Pas grand, en plus. Loin des clubs gna-gna boules à l’air et musique de Honda Civic. J’y retournerai fort probablement. En tout cas. J’y ai passé une très belle fin de soirée, même si je suis partie relativement tôt en raison d’une fatigue aigüe (maudit Rona). Mais, encore là, malgré les DJ qui scandaient des « Bon Saint-Jean » à tour de bras, nope, pas pour moi. El’sentait pas v’nir.

J’explique ça comment à la politicienne qui dort au gaz en moi?

Oh, plusieurs raisons. D’abord, j’attend plus au 24 juin pour faire une fiesta digne de ce nom. Les amis, c’est important toute l’année et c’est toujours une bonne raison de fêter.

Ensuite, bah… J’étais crevée bon. Ça peut être une bonne raison aussi.

Mais je crois que, comme plusieurs éditorialistes l’ont souligné cette semaine, c’est parce que je n’avais pas de grande raison pour célébrer le Québec cette année. Ohhh détrompez-vous, je l’aime encore.

Cependant… Le recul du français et le peu d’importance qu’on lui accorde, tant dans les très grandes entreprises où tout se fait maintenant in English, please, que dans la rue où j’entend de plus en plus de gens se saluer à l’anglaise, me rend un peu tristounette. Le français, c’à toujours été MA matière à l’école. À défaut d’être bonne en éduc, en maths et en physique, j’excellais en français. Ben oui, j’aime ça moi coudonc la grammaire pis toute pis toute. J’aime l’histoire qui y est rattachée, toutes les batailles qu’il y a eu depuis des centaines d’années pour la protéger, tous les gens qui se sont levé et qui l’ont défendue… Rien à voir à ce qu’on voit aujourd’hui.

Y’a aussi la Charestomania, phénomène inexpliqué se rapprochant pour moi très près du triangle des Bermudes.

…Allô?

Jean Charest. Ataboy… Me semble que… Tsé… La caisse de dépôts, le super futur méga hôpital top technologie pas d’parking, la santé, qui s’est grandement améliorée nous chantera-t-il dans quelques semaines, l’éducation qui eh… qui éducationne pas fort fort… Mais vous le croirez quand il dira qu’il est FIER de son bilan. Et que les québécoiS et les québécoisES, les arabes, musulmans, hindous, juifs, sénégalais et chinois d’adoption peuvent être FIERS d’avoir un premier ministre qui se TIENT DEBOUT. Ça vous tente pas, faire changement? Peut être? Genre?

Mais c’est vrai, j’oubliais. Tout ce qui a été écrit ci-haut ne le concerne pas. Y’était pas au courant de rien (!). Sais-tu… J’aimerais peut être mieux un PM au courant des cochonneries qui s’passent dans son gouvernement qu’un PM qui sait pas ce qui se joue dans son dos. J’trouve ça ordinaire et un peu inquiétant.

Pour ces raisons, donc, j’ai passé une Saint-Jean très peu engagée. Pas envie de m’faire dire que Québec, LE PAYS (version remasterisée), est proche. Gnah. L’an prochain, je l’espère, j’aurai des raisons de le croire à nouveau.

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Les adultes

Hier, j’ai été spectatrice. Deux cassures, deux portes vers l’avenir, deux chemins différents. Bien étrange que de voir autant d’émotions se jouer devant moi en 12 heures. Un bal et un voyage. Nous sommes tous passés par le premier, vous me direz. Rien d’extraordinaire à cela, j’en conviens. Le bal de secondaire cinq est, pour beaucoup, une soirée mémorable. Peut être est-ce parce que j’avais trop hâte de claquer la porte et de cracher sur cette étape de ma vie, mais je n’en garde pas une grande panoplie de souvenirs. J’imagine qu’avec les années, j’en aurais de toute façon effacé une partie de ma mémoire… C’est normal, les années passent, on assiste à des mariages, on déménage, on se trouve un emploi… Autant d’événements qui, petit à petit, s’inscrivent par dessus cette unique soirée à la manière d’un VHS sur lequel on enregistrerait une nouvelle émission. Mais en allant au bal de ma soeur, hier, j’ai été prise d’une grande nostalgie qui m’a moi-même étonnée.

Rien de bien émouvant dans le festival du jugement auquel on a droit en se pointant au gymnase dans lequel avait lieu la réception. Des regards méprisants, des : « as-tu vu sa robe? », « gros cul. », « ark, ben trop bronzée », « son noeud de cravate est croche. » ou bien, des simples mais efficaces: « est laitte en sacrament. » Des filles habillées en princesses qui fument la cigarette, se tiennent le dos rond et recouvrent le parterre de crachats… Pour la classe, on repassera. Mais, malgré tout, il y avait quelque chose d’à la fois beau et triste à voir tous ces finissants s’enlacer, pleurer et danser tous ensemble. Cette soirée marque une fin et un début. Tout ce qui s’est passé avant ce bal semble innocent, voire enfantin. Des jeunes qui ont tout vécu ensembles: du premier joint à la première baise en passant par une note parfaite en français ou en mathématiques et un premier boulot. Ils étaient beaux à voir, même si plusieurs me semblaient éperdument fendants.

Puis, après quelques heures et un copieux repas, je me suis mise à analyser la scène et à plonger dans mes souvenirs… À cette table-là y’avait moi et mes amies… À cet endroit y’avait le gros sac de ballons pendant sur nos têtes que Marc-André, l’poteux de l’école, avait tiré, marquant la fin du bal, sous les cris de joie de tous les élèves… Là y’avait un tapis rouge où tout le monde a pris tellement de clichés qui se retrouvent aujourd’hui sur Facebook avec des commentaires du genre  » Hiiiii ça fait longtemps ! On était donc beaux ! »

J’ai regardé la piste de danse. Six ou sept gars qui dansaient sur un bloc. Toi, vas-tu être en prison dans 10 ans? Toi, vas-tu être le chimiste qui va trouver un remède contre le cancer? Toi, vas-tu avoir des enfants? Toi? Je me suis dit qu’il ne fallait pas penser à ça. Pas tout de suite. Bientôt viendra le CEGEP pour beaucoup d’entre eux. Ils verront la grand’vie, quitteront le terrain de jeu. Je devais, pessimiste que je suis, leur laisser au moins cette soirée, au moins ce dernier moment d’innocence. À ce que j’ai vu, ils en ont bien profité.

Vers 11 heures, j’ai levé les voiles avec mon chéri vers Montréal. Une petite fête était organisée pour souligner le départ de son meilleur ami et sa copine pour l’Australie. Un voyage qui devrait durer un an. Émouvant, ça aussi. J’ai été prise par surprise, par contre. Je ne connais pas bien Marc-André. Enfin, si, un peu, mais pas assez. J’en ai tellement entendu parler. Un peu plus petit que mon copain, cheveux brun-roux, beau bonhomme, les yeux allumés, le rire facile, un peu niaiseux mais super intelligent. Je sais que mon chéri et lui sont comme des âmes soeurs: indissociables depuis l’enfance, ils ont pas besoin de se parler et ils ont fait toutes les conneries qu’ils avaient à faire ensemble.

Mais moi bon, je suis arrivée dans la vie d’Olivier il y a un an maintenant, je l’ai vu quelques fois, on a toujours du plaisir ensemble, quoique je sois un peu timide, mais j’apprécie toujours les soirées qu’on passe à déconner. En tout cas, je ne m’attendais pas à verser quelques larmes en sortant de son appartement. Parce que, qui sait ce qui se passera dans la prochaine année? Je lui ai dit souhaiter de tout mon coeur être encore avec Olivier à son retour, question de le voir alors qu’il viendra souper avec nous pour tout nous raconter de cette expédition, en détails (tous les détails). Olivier et lui se sont serrés longuement, on lui a fait jurer de prendre soin de lui, de revenir en un morceau… Je l’ai serré à mon tour, plus fort que j’aurais pensé, et j’ai eu les larmes aux yeux. Peut être parce que je sais à quel point c’gars-là est important dans la vie de mon chéri, peut être aussi parce qu’il m’a fait une belle place quand je suis arrivée, qu’il m’a tout de suite fait sentir à l’aise. Il est comme ça de nature, c’est vrai, mais il l’a quand même fait et je l’apprécie énormément. Ne reste plus qu’à leur souhaiter une très belle aventure, à leur demander de prendre beaucoup de photos et à leur exiger de prendre soin d’eux et de revenir dans le même état qu’ils nous ont quittés.

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